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<strong>Destins brisés : ces présidents haïtiens morts au pouvoir</strong>
Éducation

Destins brisés : ces présidents haïtiens morts au pouvoir

 President Jovenel Moïse

Dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021, le président Haïtien, Jovenel Moïse est décédé suite à l’attaque de sa résidence par un commando Vers une heure du matin, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021, un groupe d’individus non identifiés, dont certains parlaient en espagnol, ont attaqué la résidence privée du président de la République et ainsi blessé mortellement le chef de l’État », ont annoncé, mercredi matin 7 juillet, les services du premier ministre par intérim Monsieur Claude Joseph, via un communiqué.

Jovenel Moïse, 53 ans, avait été élu président en 2016 et avait pris ses fonctions le 7 février 2017. Il rejoint la liste déjà trop nombreuse des chefs d'État et de gouvernement de ce pays depuis l'indépendance qui ont été soit renversés ou assassinés. On renoue avec une histoire qui avait été mise entre parenthèses.

Avant le président Jovenel Moïse, plusieurs autres chefs d’État haïtiens ont été assassinés ou tués alors qu’ils étaient en fonction. L’exécution du président Moïse s’inscrit dans une série d’épisodes tristement célèbres de notre histoire de peuple marquée par des luttes sociales et politiques. Il convient de noter qu’avant l’ancien patron Agritrans, pas moins de 4 chefs d’État dont l’Empereur Jean Jacques Dessalines ont subi ce même sort.

1.- Le père de la nation, le premier assassiné au pouvoir (1er janvier 1804-17 octobre 1806)

Jean Jacques Dessalines, deux ans après qu’il eut été proclamé Empereur d’Haïti sous le nom de Jacques Ier, fut lâchement et brutalement assassiné le 17 Octobre 1806 au Pont Lanarge – devenu « Pont Rouge » à la suite du drame. Né le 20 septembre 1758, Dessalines a passé près de deux ans au pouvoir après la proclamation de l’indépendance d’Haïti en 1804. Alors qu’il se rendait dans le Sud du pays pour écraser en personne une rébellion à son pouvoir, il est pris en embuscade par un groupe d'officiers et violemment abattu à Pont-Rouge le 17 octobre 1806

2. Sylvain Salnave (14 juin 1867- 19 décembre 1869)

Sylvain Salnave, né le 7 Février 1826 au Cap-Haïtien, fut président d’Haïti du 14 Juin 1867 au 15 Janvier 1870. Arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire contre le président Fabre Geffrard, il a dès le début de son mandat manifesté des velléités dictatoriales : il dissout le Sénat et se maintient en place grâce au soutien de l’armée. Son régime dut néanmoins faire face à plusieurs guerres civiles constantes entre les différentes factions républicaines qui contestèrent son pouvoir. Menée par ses rivaux, parmi lesquels Nissage Saget, la rébellion anti-Salnave se poursuivit jusqu’à son arrestation le 10 Janvier 1870 par le Général Cabral – alors qu’il essayait de gagner la République dominicaine en quête d’aide auprès du président Baez Buenaventura. Il fut livré à Saget qui le fit juger puis exécuter le 15 janvier 1870.

3. Michel Cincinnatus Leconte (14 août 1911 – 8 août 1912)

Michel Cincinnatus Leconte est né le 29 septembre 1854 à Saint Michel de l’Attalaye. Il a connu une présidence éphémère qui n'a duré qu'un an (août 1911-août 1912). Petit-fils de Jean-Jacques Dessalines, il est nommé président d'Haïti le 14 août 1911, après une violente insurrection qui mena à la démission de Antoine Simon. L'opposition contre lui grandit rapidement dans le pays ; alors qu'il dormait au Palais National (la résidence présidentielle), le bâtiment explosa « mystérieusement » le 8 août 1912. Le Président, son petit-fils et 300 soldats haïtiens périrent dans cet événement catastrophique.

4. Jean Vilbrun Guillaume Sam (9 mars 1915 – 27 juillet 1915)

Jean Vilbrun Guillaume Sam Fils du président Tirésias Simon Sam est né le 4 Mars 1859 à Ouanaminthe, il a succédé au président Davilmar Theodore. Il n'a été président d'Haïti que pendant quatre mois. En effet, avant l'invasion militaire américaine d'Haïti du 28 juillet 1915, le pays avait connu six présidences ou chefs d'État éphémères, dont le mandat global n'a duré que trois ans (août 1912-juillet 1915) : ­ Cincinnatus Leconte (1 an : août 1911-août 1912) ; ­ Joseph Antoine Tancrède Auguste (9 mois : août 1912-mai 1913) ; ­ Michel Oreste (8 mois : mai 1913-janvier 1914) ; ­ Oreste Zamor (8 mois : février 1914-octobre 1914) ; ­ Joseph Davilmar Théodore (3 mois : novembre 1914-février 1915) ­ Vilbrun Guillaume Sam (4 mois : mars 1915-juillet 1915).

Pro-américain, contrairement à ses prédécesseurs, Sam fut contraint de faire face à une révolte contre son régime. Ses opposants organisèrent un important soulèvement populaire qui menaçait de renverser le gouvernement. Mais Sam garda le contrôle de la situation et fit exécuter 167 prisonniers politiques. La tension contre sa présidence s’intensifie dans la capitale, Le matin du 27 Juillet 1915, avant l’aube, quelqu’un tire sur le président. Il est touché à la jambe. Pris de panique, il quitte le Palais national et se rend à l’ambassade de France, où il obtient l’asile. Les chefs révolutionnaires font irruption dans l’ambassade, s’emparent du président, le battent à mort puis traînent son corps dans les rues de la capitale. Des troupes américaines débarquent au pays le lendemain de sa mort, soit le 29 juillet et entame une occupation qui va durer 19 ans jusqu’en Août 1934.

5.- Jovenel Moïse, 5ème président assassiné au pouvoir (7 février 2017 – 7 juillet 2021)

L’histoire, est un perpétuel recommencement. D’autres diraient qu’elle est plutôt une spirale avec des similitudes entre les événements-. Le président Jovenel Moïse est né le 28 juin 1968. Il a dirigé le pays du 7 Février 2017 au 7 Juillet 2021, date de son assassinat en sa résidence privée. Contesté avant même qu’il ait pris fonction, les antagonismes politiques étaient devenus féroces sous sa présidence. Le mercredi 7 juillet 2021, à 1h00 du matin, le président Moïse est assassiné dans sa résidence privée par un groupe de 26 personnes lourdement armés. Ces pages encombrantes dans notre histoire de peuple tendaient à s’étioler dans la mémoire collective, l’événement funeste survenu le 7 Juillet 2021 vient de nous rappeler ces vieux démons qui, à chaque fois, laissent de mauvais souvenirs pour le pays et nous plongent encore plus dans des crises politiques, sociales et économiques interminables. En somme, être chef d’État en Haïti, c’est aussi prendre un risque. Il n’y a pas que le prestige et les privilèges qui y sont associés. Coups d’État, assassinats, emprisonnements, etc. sont autant de sorts qu’ont connus des chefs d’État haïtiens. Notre histoire politique est en effet faite de turbulences, de soubresauts, d’élans et de passions destructeurs

Sources 1
Sources 2

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