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Notre concours de textes et de dessins

À Propos

Savoir ce que nous voulons être nous pousse à nous questionner sur qui nous sommes, et nous oblige à savoir d'où nous venons, à connaître nos origines. L'Afrique au bord de laquelle apparurent des négriers venus séparés pères, mères, vendus par leurs pairs, insensibles aux cris et aux supplications de leurs semblables, traînés sous les coups dans les cales de ces navires qui sonnaient le glas de la triste odyssée du peuple basané. Enfermé pendant plusieurs mois dans le noir, rongé par la faim et les maladies, plié dans la peur et l'impuissance, subissant des contraintes autant physiques que morales et regardant tomber à son flanc ses pareils, le nègre peu à peu s'acclimatait à sa condition d'esclave. Tâté, examiné telle une vulgaire marchandise, il se retrouve encore séparé de ceux avec lesquels il a tissé un lien, dernier pilier mental de son être. Du lever du soleil et tard après son coucher, il doit travailler en supportant la morsure du soleil et des coups, endurer la douleur, les humiliations, le manque de sa terre natale. Il n'est plus rien qu'un objet pour avoir commis la faute d'être né nègre. L'espoir le saisissant lui fait lever la tête et tirer sur ses chaînes en espérant des jours meilleurs. Bien qu'il se soit libéré de ses entraves physiques, il reste enchaîné mentalement ; Oubliée toute sa rage d'exploité, toutes ses péripéties, sa promesse de "vivre libre ou mourir", il n'est maintenant que le pantin du blanc, devant lequel il s'aplatit au son de la voix, auquel il livre son pays, sa patrie, ses semblables. Meurtres, vols et viols, à la seule demande de celui-ci, il est prêt à tout. Il est dépendant du blanc sans lequel il ne peut rien faire, il est incapable de réfléchir de par lui-même. Tous les aspects de sa vie sont contrôlés par celui qui jadis le traitait comme un bien meuble. L'esclavage étant défini par la relation entre l'oppressé et l'oppresseur, il n'y a plus d'oppression aucune si la victime elle-même se met à la disposition du bourreau. C'est pourquoi, il nous faut dès à présent nous reprendre en main, nous souvenir des injustices passées, des promesses faites, du sang coulé, et nous libérer de notre enchaînement mental, sortir de cet état léthargique dans lequel nous sommes ; nous élever d'une seule voix contre l'oppresseur des âges, d'un seul front briser nos entraves. Ainsi, nous saurons qui nous sommes et décider de qui nous voulons être.

Crée par :

KISLON CLAUDE JOSE

Catégories :
DEUXIEME PRIX TEXTE
Date :

janvier, 2022

Institution :

INSTITUTION ST-LOUIS DE GONZAGE

Classe :

NS1